Présentation
Le Hoggar forme un socle ancien dont l’histoire est complexe. Il constitue
un maillon de la chaîne panafricaine qui jalonne le pourtour du
craton Archéen Ouest Africain. Cette chaîne, qui s’étend
depuis les Mauritanides à l’Ouest, les Rockelides au Sud,
jusqu’au Burkina Faso, est scellée par les dépôts
Eocambrien du bassin de Taoudeni.
Principales unités lithostratigraphiques
du Hoggar
Le massif du Hoggar, ou socle Touareg, comprend essentiellement
des formations archéennes, paléoprotérozoïques
et néoprotérozoïques surmontées en discordance
par les formations sédimentaires du bassin de Taoudeni.
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L’ensemble
oriental (à l’Est de 8°30’), composé de
3 « terranes »
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des
protolithes de socle archéen granito-gneissique, constitués
de méta-sédiments (pélites, marbres), de méta-basites
et migmatites (un âge ponctuel à 3,3 Ga ; Latouche et
Vidal, 1974). Ce sont des équivalents probables du môle
archéen d’Issalane situé immédiatement
à l’Ouest de l’accident 8°30 ;
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une série volcano-sédimentaire, comprenant basaltes,
rhyodacites, sédiments clastiques et pélites noires,
recristallisés dans le faciès schiste vert ;
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des lanières d’ophiolites et des granodiorites (ces dernières
datées à 725 Ma), qui recoupent les ensembles précédents.
Ces terranes sont recouverts, en discordance, par l’épaisse
série de Tiririne (>8000m ; 660-585 Ma) qui comprend :
- à la base, la trilogie dolomies-grès-jaspes (jaspes
correspondant souvent à des méta-rhyolites) ;
- au sommet, des turbidites, grès, conglomérats, arkoses,
grauwackes, le tout coiffé par des grès fluviatiles.
Cette série est affectée par une schistosité (faciès
schistes verts) et recoupée par des intrusions de granites calco-alcalins
et des complexes volcano-plutoniques à dominante acide.
L’ensemble central polycyclique (entre
4°50’ et 8°30’)
Le Hoggar central comprend des « terranes » d’âge
archéen (les datations les plus anciennes remontent à 3,3
Ga) à paléoprotérozoïque et mésoprotérozoïque,
affectés par trois orogènes (Eburnéenne ~2 Ga ; Kibarienne
~1 Ga ; Panafricaine ~600 Ma).
Le socle archéen à paléoprotérozoïque
(môle d’Issalane) comprend des méta-sédiments
(pélites et marbres), méta-basites, migmatites et des gneiss
(granodioritiques à tonalitiques).
Le Mésoprotérozoïque est constitué de marbres,
cipolins, amphibolites, quartzites et micaschistes.
Les principaux accidents N-S sont jalonnés de séries volcano-sédimentaires
et plutoniques du Néoprotérozoïque.
L’ensemble
occidental (à l’Ouest de 4°50’)
Le Hoggar occidental résulte de la collision, au panafricain
(630-570Ma), entre le Craton Ouest Africain et le Bouclier Touareg.
Il comporte un noyau archéen (le môle d’In Ouzzal,
équivalent de l’Adrar des Iforas plus au Sud au Mali), stabilisé
et recoupé par des granites datés à 2 Ga. Il est
entouré de formations plus jeunes (mésoprotérozoïques,
néoprotérozoïques, cambro-ordoviciennes, siluriennes,
dévoniennes, crétacées et tertio-quaternaires).
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Le môle archéen d’In Ouzzal est constitué
de gneiss, charnockites, cipolins et quartzites ferrugineux (BIF).
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Les formations mésoprotérozoïques comprennent des
marbres, amphibolites, quartzites, micaschistes et, localement, des
intrusions à composition komatiitiques.
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Les formations néoprotérozoïques comportent des
méta-pélites, marbres, dolomies et quartzites, entrecoupés
de sills de roches basiques-ultrabasiques et localement de coulées
andésitiques. Elles sont recoupées par deux phases intrusives
de granitoïdes, la première à 870-840Ma (Néoprotérozoïque)
et la seconde à 650 Ma (Panafricain) (granite de Tin Tékadiouit,
Immezzarène).
Ces formations sont recouvertes par la série verte volcano-sédimentaire
supérieure : laves andésitiques, turbidites, grauwackes
et recoupées de batholites panafricains.
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